Perdre quelqu'un de proche, c'est toujours une épreuve.
La mort nous entoure, nous la côtoyons sans vraiment savoir de quoi il s'agit. Les medias en parlent tous les jours ou presque. Mais elle s'est perçue de manière abstraite. Les corbillards aseptisent la mort. Pour la connaître. Il faut y avoir été confronte et nous ne l'y avons pas toujours été. Nous vivons dans une société qui la nie. La mort dérange.
Quand on est jeune? C'est une réalité lointaine. On peut en parler souvent? Mais la vivre, c'est autre chose. Lorsqu'on y est confronté, c'est toujours une prise de conscience brutale. Tout ce que l'on a pu imaginer autour de la mort prend un autre visage. Un corps immobile, inerte... Une absence. On aimerait que ce soit comme un jeu, au cinéma, pas pour de vrai.
Tout un processus se met alors en route et conduit à prendre pleinement conscience de la mort. Il faut admettre cette réalité il n'y a plus de détour possible. On ne peut se dérober et on s'aperçoit que tout ce qu'on imaginait sur la mort, la façon un brutale' provocante, dont on en parlait, tout cela n'a rien a voir avec cette réalité si cruelle. On ne joue plus.
Et pourtant la mort touche chacun de nous, tôt ou tard. On l'oublie tellement facilement que l'ont peut se demander si ce n'est pas nécessaire pour fonctionner. C'est vrai que chacun, surtout parmi les jeunes, vit comme s'il était invincible, éternel, immortel. Et pourtant... Quand quelque un meurt, d'un seul coup, tout devient relatif. On l'aimait. Il faisait partie de notre entourage et, brutalement, plus rien. Il disparaît. Son âme n'est plus la. Son corps n»est plus animé. Et tout cela d'un seul coup. Accepter cette mort ne va pas de soi. On est d'abord terrassé, abasourdi, puis un long processus de deuil s'installe. On revit tous les moments passés ensemble, les difficultés, les bonnes et les mauvaises choses.Le deuil réclame un certain repli sur soi, une rupture avec les habitudes sociales. On s'entoure du cercle familial, des amis proches, on se tient les coudes, même si tout cela se passe dans le silence, du moins au début. Plus tard, on en parle peut-être... on se rappelle les souvenirs, on parle de lui. ça fais du bien. ça nous aide à accepter cette disparition, à vivre avec celui qui n'est plus là, et à le rendre présent d'une certaine façon. Le deuil est une succession de bons et de mauvais moments, d'instants où l'on a mal, où l'on souffre, où l'on n'accepte pas, et d'instants plus sereins, où les bons moments reviennent, et où l'on se souvient parfois avec plaisir, surtout après un certain temps.
Fair le deuil de quelqu'un est un travail personnel. Chacun le fait à sa manière. Ce n'est pas toujours facile, on ne se comprend pas toujours, on ne comprend pas toujours les autres. Là encore, l'inportant, c'est d'accepter. Accepter que les autres soient différents, même si on ne comprend pas toujours. Etre là, attentif et présent, suffit. Exiger, conseiller, raisonner ne sert à rien. Tolérance et patience sont plus utiles. C'est une marque de générosité, essentielle dans les liens familiaux ou amicaux, chaque fois que l'on partage des sentiments.
Jadis, être en deuil signifiait queque chose. On savait qu'il fallait le temps pour accepter la disparition d'un proche, guérir la douleur. C'était une phase de repli et de solitude On ne participait pas aux fêtes pendant ans, on s'habillait en noir. Le deuil était une réalité et la mort était acceptée avec toute ses souffrances.
Il a fallu l'éclairssir pour que nous comprenions l'essentiel du travail de deuil... Un lent travail de maturation, qui a ses propres contraintes et ses exigences, et qui aboutit à l'acceptation de la mort de quelqu'un qu'on aimait. Ne pas faire ce travail, c'est nier la mort. C'est donc, par certains aspects, s'approcher de la folie.
La mort est devenue un fait divers donc le palmarès apparaît à la télé ou à la radio dans ses aspects les plus spectaculaires: les accidents de la route et les catastrophes, les crimes et les suicides, à condition qu'ils sortent un peu du commun. C'est la mort spectacle. On présente cela comme au cinéma. Comme si on était dans motre imaginaire. On la caresse, on alimente notre passivité et notre tendance à la fuite.
C'est une mort anonyme et inhumaine, les gens disparaissent dans l'anonymat, propement et silencieusement. Juste un corbillard aseptisé... Comme si les morts devaient être cachés. La mort dérange.
Et pourtant, une fois encore, la mort est une réalité qui nous entoure à chaque instant, nous attend tous et devrait d'abord nous faire percevoir tout ce que la vie a de merveilleux, précieux, magique...
On ne doit pas la nier. On doit la connaître : c'est aussi une réalité de la vie.
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